La participation citoyenne reste un défi majeur pour la société malagasy. Au niveau des communes où les citoyens pourraient agir, les ressources sont généralement limitées.

De plus, les communes sont souvent confrontées à une faible représentation des communautés dans les espaces décisionnels et à un manque de culture de dialogue.

À Fianarantsoa, le Centre Arrupe Madagascar (CAMDG) et le Centre Culturel Adolphe Razafintsalama (CCAR), après avoir organisé une formation sur la participation citoyenne et la redevabilité des élus en mars 2025, ont réuni, en juillet, une quarantaine d’acteurs locaux pour penser ensemble une nouvelle manière d’impliquer les citoyens dans la gouvernance de leur commune. Durant trois jours, les participants ont analysé les obstacles à la participation effective, partagé des expériences de terrain et formulé des propositions concrètes pour créer une dynamique de gouvernance partagée à l’échelle de la Commune Urbaine de Fianarantsoa.

Créer des espaces concrets de dialogue entre citoyens et autorités locales

Les échanges ont révélé la nécessité de repenser le fonctionnement de la démocratie locale. Au-delà du vote, la citoyenneté implique un engagement continu dans la vie publique. Les participants ont souligné l'absence d'espaces institutionnalisés de concertation entre les autorités municipales, les fokontany et les citoyens. Cette carence limite la remontée des besoins prioritaires, entrave la transparence budgétaire et réduit la capacité des communautés à faire entendre leur voix dans la formulation des politiques publiques.

Face à ce constat, une volonté claire s’est exprimée : mettre en place une Structure Locale de Concertation (SLC), pilotée à l’échelle communale, et fondée sur une représentation équitable des quartiers. Cette plateforme permettrait d’établir un dialogue permanent entre les différents niveaux de gouvernance, en facilitant la consultation et la co-construction des réponses aux défis locaux.

Redonner une place centrale aux fokontany dans le développement local

Les chefs fokontany, en tant que premiers relais de l’État auprès des citoyens, jouent un rôle clé dans l’identification des priorités locales. Pourtant, ils sont souvent exclus des processus de planification et de budgétisation communale. L’atelier a mis en lumière l’importance de renforcer leur rôle et de mieux structurer leur collaboration avec la Commune.

Plusieurs interventions ont insisté sur la nécessité de les former, de leur fournir un cadre d’action claire, et de leur reconnaître une légitimité dans les décisions de développement. À travers la future SLC, leur implication devrait être pleinement reconnue et institutionnalisée, en lien étroit avec les besoins exprimés par les populations.

Renforcer la culture de la coresponsabilité et du suivi citoyen

Un autre enjeu fondamental abordé durant l’atelier concerne la responsabilisation des citoyens dans le suivi des actions publiques. La démocratie locale ne peut être efficace que si les citoyens sont en mesure de comprendre, de questionner et d’orienter les choix qui les concernent. Cela suppose un effort important d’information, de pédagogie, mais aussi de simplification des processus administratifs.

Les participants ont proposé l’organisation d’une assemblée générale dans chaque fokontany, pour identifier les membres de la SLC et renforcer les dynamiques collectives. Ce processus devrait aboutir à l’adoption d’un arrêté municipal officialisant la mise en place de la structure et clarifiant ses modalités de fonctionnement.

Un engagement commun pour bâtir une gouvernance équitable

L’atelier a abouti à une série d’engagements concrets : établir un cadre de concertation durable entre les acteurs locaux, impliquer les fokontany dans l’élaboration des priorités budgétaires, améliorer la sécurité à travers les quartiers mobiles, et structurer un dialogue régulier entre les chefs fokontany. Ces engagements marquent une avancée importante vers une gouvernance plus ouverte et plus à l’écoute des réalités de terrain.

Les travaux menés par le CAMDG et le CCAR à Fianarantsoa visent à renforcer la participation citoyenne dans la gouvernance locale et nationale. La création d'une Structure Locale de Concertation favorisera un dialogue continu entre citoyens et autorités. Ce processus soutient un modèle de développement durable et une démocratie locale plus inclusive.

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