NEWS & EVENTS
en EN fr FR pt PT es ES

Education Disrupted, Education Reimagined with Inclusivity and Compassion

Read More...

How Jesuit Refugee Service is Keeping Refugees in Africa Safe amid COVID-19 Challenges

Read More...

La dernière volonté du Père Octave Kapita

Témoignage (actualisé) recueilli par Rodrigue Ntungu, S.J.
Collège Boboto, le 20 octobre 2016

Le Père Octave Kapita plaidait avec insistance pour que cette date soit consacrée comme un lieu de mémoire. « Que l’on se souvienne de cette date du 21 octobre 1948 où la Compagnie de Jésus naît en terre africaine », déclarait le Père Jules Misson, Supérieur Régulier, à l’ouverture du premier noviciat de la Compagnie en Afrique à Djuma. Ce noviciat comptait deux Secundi et quatre Primi, premiers Africains : François Baziota (qui deviendra diocésain), Octave Kapita, Lutumba (quittera la Compagnie pendant la régence et sera recruté par Mgr Guffens pour l’Exposition de Bruxelles en 1958; il y épousera une Belge) et Cyrille Mununu. Ils avaient pour maître des Novices Charles Dauvin, ancien Supérieur de Leverville, et Robert Mols, son Socius.

Le Père Octave Kapita, se souvient d’une autre page de l’histoire de ces premières heures. Leur maître des novices, Charles Dauvin, nouvellement nommé Évêque coadjuteur de Kikwit avec droit de succession à Mgr Henri van Schingen (qui était alors à l’article de la mort), fut foudroyé à Noël 1948. Il tentait de recueillir de l’eau de pluie dans des tonneaux, lorsqu’une décharge électrique lui brûla le bassin et les membres inférieurs. La brûlure était si profonde que le pantalon ne pouvait être enlevé sans arracher de la chair.

L’on dépêcha à vélo le novice Cyrille Mununu, bidèle, pour porter la nouvelle aux Pères et au docteur Scagnetti à la Mission Djuma. Le messager parvient à informer les Pères avant de s’évanouir lui-même et d’être admis aux urgences. Arrivé au noviciat, le docteur Scagnetti tenta de réanimer le Père Maître, Charles Dauvin, qui était aussitôt transporté à l’hôpital de la Mission sur un brancard. Il mourut à Djuma, le 28 décembre 1948, deux mois après l’ouverture du premier noviciat de la Compagnie en Afrique. Cela, sans avoir reçu l’onction des malades, qui avait été plusieurs fois reportée. Le Père Joseph Guffens, Supérieur de Kinzambi, fut alors nommé pour remplacer le Père Charles Dauvin comme Évêque coadjuteur de Kikwit.

Le Père Socius, Robert Mols, était inconsolable dans la chapelle où il pleurait, avant d’annoncer froidement ce décès aux novices : « Mes enfants, votre Père Maître est mort sans avoir reçu le sacrement ! » La dépouille de Charles Dauvin, revêtue d’une vieille soutane, fut inhumée à Djuma. L’on remplit son cercueil de copeau de bois (pour quelle raison ?) que recouvrait un linceul. Puis, les novices transportèrent leur Père Maître au cimetière. Dans ce premier noviciat, les fêtes de fin d’année se passèrent dans le deuil.

Il y a donc 70 ans que le premier africain entrait dans la Compagnie de Jésus. S’il est une dernière volonté du Patriarche, c’est bien son désir profond de voir la Province d’Afrique Centrale et l’Assistance consacrer la date du 21 octobre comme le jour de naissance de la Compagnie de Jésus en terre africaine. Que brille sur lui la lumière éternelle !