Ordinations de Paris 2019

Par Alain Christy Ininahazwe SJ (RWB), Facultés Jésuites de Paris, Centre Sèvres

(…) à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné!

Avril, c’est le début du printemps à Paris. Les journées sont de plus en plus ensoleillées. Les arbres commencent à retrouver leurs feuilles ; les insectes sortent de leurs cachettes, surtout que les fleurs, offrant une magnifique vue et une odeur saisissante, commencent à s’ouvrir.

En cet après-midi du 06 avril, la Compagnie de Jésus à Paris a un autre motif de plus de se réjouir et de porter un habit de fête au milieu de ce temps de Carême.

François Boëdec sj, provincial de l’Europe Occidentale Francophone (EOF), en l’Eglise Saint-Ignace de Paris, présente douze disciples à l’Eglise Universelle représentée par Mgr Thibault Verny, un des évêques auxiliaires de Paris. Il demande pour eux d’être ordonnés diacres. Les douze scolastiques sont tous étudiants du Centre Sèvres ici à Paris. Ils sont originaires de huit différentes provinces et régions ; six nationalités différentes, réparties sur trois continents. Parmi eux, la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar était aussi au rendez-vous. Grant David TUNGAY de la Région Afrique du Sud nous fait cet honneur d’être compté parmi les ordinands. Je l’ai rencontré en arrivant à Paris pour mes études de philosophie, deux mois après mes premiers voeux ; lui, il avait déjà effectué tout un parcours dans la Compagnie.

Né d’une famille protestante de deux enfants en Afrique du Sud, il rencontre les jésuites à l’aumônerie étudiante à l’université du Cap. Inspiré par leur spiritualité qui cherche toujours les signes de Dieu dans la vie quotidienne et par le dynamisme de la communauté des étudiants, il rejoint l’Eglise catholique. L’expérience de l’amour de Dieu dans les Exercices Spirituels le conduit à entrer dans la Compagnie en 2007. Par rapport à mon parcours personnel, je ne peux que dire que Dieu est allé le chercher loin! Son aventure missionnaire commença par le noviciat à Birmingham et la philosophie à Londres en Angleterre. De retour en Afrique du Sud, il fit des études de droits de l’homme à Johannesburg avant sa régence. Et à Paris, il n’a pas eu à attendre les nouvelles Préférences Apostoliques pour commencer à s’intéresser aux jeunes ; car, lors de ses journées libres par rapport à ses études en Théologie, il s’occupe des jeunes adultes dans l’équipe MAGIS.

Le jour de l’ordination diaconale, entourés de leurs familles et de nombreux amis, Grant et les autres ordinands ont manifesté positivement leur résolution en avançant d’un pas, sur l’invitation de Mgr Verny qui présidait l’eucharistie. Il a ouvert son homélie en invitant les ordinands de se remémorer les réactions de leurs proches quand ils leur annonçaient pour la première fois leur désir et leur résolution d’entrer dans la vie religieuse. C’étaient, d’une part, la joie et des encouragements ; d’autre part, des incompréhensions, des questionnements voire des ruptures. Au milieu de tout cela, « vous saviez où vous vouliez aller mais hésitants. Aujourd’hui, vous continuez de poursuivre cet appel, ce qui vous mène à l’engagement du diaconat. » Cet engagement n’est pas « un miroir de votre vie disciplinaire dans la vie religieuse, mais plutôt une réponse à l’appel de Jésus ». Proclamer le message de l’Evangile est leur mission spéciale comme diacres. En plus d’être une mission qui n’est pas facile en soi, elle est rendue plus difficile par la délicate situation actuelle de l’Eglise à propos des scandales des abus sexuels. « Ces événements tristes dans l’histoire de l’Eglise, ont rendu le message de l’Evangile presque inaudible », a rappelé Mgr Verny. Puisque ces diacres auront à accomplir leur mission contre vents et marées, autant que ce fut pour Jésus lui-même, l’évêque a mis l’accent sur la pieuse exhortation du rite de l’ordination « soyez attentifs à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné ».

La célébration liturgique a poursuivi son cours, non sans prendre une dimension internationale. Les gestes le plus marquants durant cette célébration furent la procession des offrandes à la culture haïtienne ; ainsi que le rite indien –Anjali– à la fin de la prière eucharistique pour exprimer l’acclamation de l’assemblée devant cette OEuvre de Dieu, ainsi que l’action de grâce.

A la fin de la messe, un verre d’amitié a agrémenté un temps de convivialité. Souriant et tout beau en compagnie de sa chère maman, Grant se sentait « on the top of the world », résumant ainsi les sentiments qui l’habitait en cette journée printanière.


Photos : © Xavier Léonard SJ

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