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Léon de Saint Moulin, prêtre belge très connu au Congo, est décédé

C’est une “ très, très triste nouvelle, le père Léon de St Moulin nous a quitté. (...) Paix a l’âme de ce juste, cet homme exceptionnel qui consacra sa vie au service du peuple du Congo/Zaïre ”, a écrit sur son profil Facebook le journaliste Thierry Michel qui a réalisé plusieurs documentaires sur l’Afrique

Le père jésuite belge Léon de Saint Moulin, professeur émérite à l'Université catholique de Kinshasa et l'un des prêtres qui animèrent la marche, durement réprimée, de protestation des chrétiens contre le régime du maréchal zaïrois Mobutu Sese Seko en 1992, est décédé jeudi dans la capitale congolaise à l'âge de 86 ans, a annoncé sa congrégation.

Ce jésuite, né à Naast (Soignies) le 17 décembre 1932, avait été ordonné prêtre le 6 août 1964 et était entré dans la Compagnie des Jésuites le 14 septembre 1950. Il est "pieusement décédé le 24 octobre à Kinshasa", a précisé la province d'Afrique centrale des Jésuites dans un faire-part signé par le père Jules Tshibamfumu et reçu par l'agence Belga à Bruxelles.

Docteur en histoire et licencié en philosophie et en théologie, le père de Saint Moulin avait été vice-recteur de l'université nationale du Zaïre, chargé du campus de Kinshasa (l'actuelle Unikin), et directeur du centre d'études pour l'Action sociale (CEPAS). Il est l'auteur de nombreuses publications, articles, livres, cartes à propos de la République démocratique du Congo (RDC).

Il avait fait partie des "prêtres résistants et courageux" qui animèrent la marche de protestation des chrétiens contre le régime du dictateur Mobutu en 1992, a rappelé jeudi le cinéaste belge Thierry Michel, réalisateur de nombreux films sur le Congo/Zaïre.

Le père de Saint Moulin s'était pour la première fois rendu au Congo (alors belge) en 1959 grâce à un mandat du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) pour une étude sur la capitale - Léopoldville à l'époque. Il avait par la suite, en 1967 - année de son installation permanente à Kinshasa -, pris part à une étude sociodémographique de la capitale avant de participer à la réalisation, en 1969, de la mise à jour du plan de la ville, conduite par l'Institut géographique du Congo.

Ce fin connaisseur du Congo/Zaïre/RDC avait été vice-recteur de l'université nationale du Zaïre chargé du campus de Kinshasa. Professeur émérite à l'Université catholique du Congo (ex-Facultés catholiques de Kinshasa), il a également participé à plusieurs productions scientifiques. Il est notamment auteur de "Kinshasa, trente ans après", une enquête sur la perception sociale de la justice.

Il avait aussi publié en 2005 un "Atlas de l'organisation administrative de la RDC". Ce sont les cartes qu'il a dessinées qui ont servi de référence à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) lors des différentes élections qui ont eu lieu depuis 2006.

Il est considéré comme une "bibliothèque de l'histoire du Congo", voire comme un "monument" dans le pays, selon des commentaires postés par des Congolais sur les réseaux sociaux.

 

Source: La Libre.be